* Eyes Wide Shut (1999)
Affiche du film
- 12 ans
Réalisé par Stanley Kubrick avec Nicole Kidman, Tom Cruise, Sydney Pollack.
Film américain.
Un couple de bourgeois, cédant à la jalousie et à l'obsession sexuelle, entreprend un voyage psychologique à la recherche de son identité. Le mari, au bout de son périple nocturne, revenu de ses désirs, ne trouvera finalement auprès de son épouse qu'un compromis banal mais complice, les yeux ouverts à tout jamais sur un rêve impossible.
En opposition à Shining dans lequel Kubrick nous montre les menaces que contenait tout enfermement, la folie qui guette l'homme coupé de l'univers extérieur, Kubrick nous propose un "conte" en forme d'avertissement sur les dangers à sortir dans le monde, sur les tentations mortelles que recèle le voyage dans l'inconnu.
En treize films, Kubrick aura exploité le même thème, et dont le mot ultime de sa carrière et de sa vie est entièrement révélé par la sublime comédienne Nicole Kidman dont le jeu est intense: que faut t-il faire ? "Baiser". Rideau noir, musique. Elle dit en une seconde ce qu'on a montré pendant 2h39mn. Il dénonce à travers le film la société actuelle qui a du mal à ouvrir les yeux face à cette "vérité" (d'où le titre "Eyes Wide Shut" qui est un trompe-½il "les Yeux Grands Ouverts").
C'est une véritable satire sociale. Il y analyse les problèmes de couple : l'« odyssée » interminable de William Harford dans New-York où le personnage est plusieurs fois tenté par "baiser" (tantôt lors d'une réception, tantôt en faisant connaissance avec des prostituées, etc...), il risque sa vie dans plusieurs situations érotiques mais il ne « baise » quand même pas. Il est presque "anormal" car il n'a pas baisé, "baiser" c'est rendre l'humain imparfait. Il fuit la vie et devient quasiment paranoïaque. William Harford est un cas désespéré, il ne "baise" pas, il a envie mais Kubrick le sauve car humanité = sexe, sexe = mauvais et donc humain = mauvais.
La scène du bal masquée, nous la trouvons immonde, nous sommes choqués, mais que montre t-elle de si immonde que le spectateur normalement constitué ne pratique pas lui-même ? De quoi sommes-nous fait ? Le but unique de l'homme est de réussir à ne plus désirer. Derrière cette mise en scène exceptionnelle, un jeu d'acteurs parfaits... Kubrick nous touche intimement. 8,5/10.
Critique écrite par Clémentine
Et vous quel est votre avis sur ce film ? Quelle note donneriez-vous sur 10 ?
PS : Si vous voyez cette même critique sur le blog hollywood-world, c'est normal, c'est moi qui l'avait écrite pour ce blog !
Une anecdote...
Le tournage d'Eyes Wide Shut a duré 19 mois qui a démarré en novembre 1996. La sortie était prévu pour fin 1997. Puis elle fut envisagée pour Noël 98, avant d'être décalée à février 99 et puis au final, la première mondiale a lieu en septembre 1999.